Alors que les boîtes tech annoncent des « révolutions » tous les trois mois, un détail un peu moins sexy ressort : ça coûte un fric de dingue. Selon une analyse du Financial Times, la facture pour les investissements IA des géants tech d’ici 2025 pourrait atteindre 660 milliards de dollars. Soit plus que le PIB de la Suisse. Les CFO doivent se creuser les méninges pour trouver l’oseille sans foutre en l’air leurs marges ou déclencher une révolte d’actionnaires.
Tu te souviens des promesses ? Sam Altman qui promet l’IA générale pour 2027, Elon Musk qui annonce des robots dans chaque foyer, Google qui balance un nouveau modèle tous les trimestres. Le problème, c’est que derrière chaque annonce tonitruante, il y a des serveurs à acheter, de l’électricité à payer, et des ingénieurs à rémunérer (et pas qu’un peu). Les coûts d’infrastructure explosent, les modèles deviennent plus gros, plus gourmands, et les retours sur investissement, eux, restent flous comme une photo de Nessie.
Le FT détaille trois options pour les dirigeants : réduire les retours aux actionnaires (dividendes, rachats d’actions), puiser dans les réserves de cash, ou taper sur les marchés. Chaque choix a son lot de conséquences. Couper les dividendes, c’est le meilleur moyen de se faire détester par les fonds d’investissement qui comptent dessus. Vider les caisses, c’est risquer de se retrouver à sec en cas de crise. Et lever des fonds sur les marchés, ça peut envoyer un signal de détresse ou diluer les actionnaires existants.
Mais le plus drôle, c’est de voir qui joue à quoi. Meta, avec son « open source », dépense des milliards pour entraîner des modèles qu’elle donne (presque) gratuitement, en espérant capter du trafic et de la data. Google, coincé entre la pression des annonceurs et la course aux benchmarks, doit justifier chaque centime dépensé pour Gemini alors que les résultats concrets tardent à venir. OpenAI et Anthropic, elles, sont dans une boucle infernale : elles lèvent des fonds à des valorisations stratosphériques, ce qui oblige à montrer une croissance explosive, ce qui nécessite encore plus d’investissements… et ainsi de suite.
Les commentaires sur Hacker News, pour une fois, sont étonnamment silencieux (2 points, 0 commentaires à l’heure où j’écris). Peut-être que même les techies les plus endurcis sont un peu sonnés par le chiffre. Ou alors, ils sont trop occupés à optimiser leurs prompts pour générer du code gratuit.
Ce qui est clair, c’est que cette course au compute a un coût, et pas qu’économique. L’énergie consommée, l’impact environnemental, la concentration du pouvoir entre quelques mains… tout ça finit par se cacher derrière les communiqués de presse. Mais les comptables, eux, voient les chiffres en rouge. Et tôt ou tard, il faudra bien que quelqu’un paie la note.
Derrière chaque IA qui génère un poème, il y a un CFO qui sueur sang et eau pour trouver comment financer le prochain data center. Et ça, c’est moins facile à vendre en keynote.
Sources :
Comments are closed