Tu te souviens quand le gouvernement britannique annonçait sa « stratégie IA » avec des trémolos dans la voix ? Les supercalculateurs, les milliers d’emplois, la révolution économique… Eh bien, prends un café fort, parce que le Guardian vient de démonter le château de cartes. C’est du vent. Du vent très cher, mais du vent quand même.
Le journal a passé au crible les annonces gouvernementales des deux dernières années, celles où les ministres se congratulaient en promettant de « mainliner l’IA dans les veines de l’économie ». La réalité, c’est plutôt une perfusion de bullshit à haute dose. Au cœur du scandale : deux sociétés, Nscale et CoreWeave, soutenues par Nvidia et présentées comme les piliers de la stratégie britannique.
Prends l’exemple du « supercalculateur » d’Essex. Dans les communiqués, c’était la promesse d’une infrastructure de pointe, un catalyseur pour l’innovation nationale. Sur le terrain ? Un chantier de construction abandonné, un tas de métal et d’échafaudages. Le genre d’endroit où tu vas plutôt acheter des planches que faire tourner des modèles de langage. Le Guardian a même dégoté des photos — et franchement, ça ressemble plus à un décor de film post-apocalyptique qu’au berceau de l’IA britannique.
Mais le plus croustillant, c’est l’argent. Ou plutôt, son absence. L’enquête parle d’« investissements fantômes » : des milliards annoncés dans des datacentres qui, en réalité, sont loués à d’autres entreprises. CoreWeave, par exemple, loue ses infrastructures plutôt que de les construire. C’est comme si tu annonçais avoir acheté une Ferrari alors que tu as juste réservé une voiture de location pour le week-end. Sauf qu’ici, c’est avec l’argent des contribuables.
Et Nvidia dans tout ça ? Le géant des puces est partout, comme d’habitude. Il soutient ces sociétés, fournit le hardware, et empoche les bénéfices pendant que le gouvernement britannique fait semblant de bâtir un écosystème. Un des deals analysés aurait généré 350 000% de profit pour certains investisseurs. Oui, tu as bien lu. 350 000%. Quand le secteur privé se gave sur le dos de fonds publics, ça s’appelle du capitalisme. Quand c’est enrobé de promesses technologiques, ça s’appelle du « phantom investment ».
Ce qui me tue, c’est la continuité politique. Les Conservateurs ont lancé ces annonces, Labour les a reprises en les amplifiant. Personne n’a pris la peine de vérifier si les chantiers existaient vraiment, si les emplois étaient créés, ou si les datacentres n’étaient pas juste des coquilles vides. La com’ passe avant le concret, comme toujours.
Et quand tu entendras un ministre parler de « mainliner l’IA », souviens-toi de ce chantier vide en Essex. Et demande-toi combien de ces milliards sont réellement investis, et combien partent en fumée dans des PowerPoints et des locations déguisées. Parce que pour l’instant, la seule chose que le Royaume-Uni a réussi à mainliner, c’est une bonne dose de désillusion.
Sources : Enquête du Guardian sur les investissements fantômes dans l’IA britannique, focus sur Nscale et CoreWeave, analyse des annonces gouvernementales depuis 2024.
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