L’IA contre le chômage des jeunes, le Royaume-Uni teste le bootcamp

L’IA devait nous virer tous, finalement elle nous fait juste flipper. Et aujourd’hui, elle doit officiellement nous sauver du chômage. Le gouvernement britannique lance des « AI boot camps » pour les jeunes ni en emploi ni en formation. Un premier pilote démarre dans le nord-ouest de l’Angleterre, et ça sent le compromis à plein nez.

Selon le communiqué gouvernemental (et un article du Guardian qu’on a lu), trois semaines de formation pour apprendre à utiliser l’IA comme un sésame vers l’emploi. Trois semaines. C’est le temps qu’il faut en moyenne pour terminer une partie de Civilization, et à peine plus pour apprendre les bases de Python. Mais là, il s’agit de rendre « job-ready » des gamins qu’on appelle les Neets, un acronyme qui claque comme une porte de cité HLM.

On ne va pas cracher dans la soupe : l’idée a du bon. Plutôt que de subir la disruption, on essaie d’armer les jeunes avec les outils de la disruption. Autant apprendre à un mec à voler un portefeuille pour qu’il devienne garde du corps. Sauf que le portefeuille en question, c’est le marché de l’emploi.

Mais on peut quand même poser la question qui fâche : apprendre quoi, exactement ? Parce que l’IA, c’est vaste comme le monde. Entre le prompt engineering à deux balles et la maîtrise des modèles open source, il y a un océan. Et trois semaines, c’est court. Surtout quand on sait que les formations type « devenir data scientist en 6 mois » laissent un CV aussi explosif qu’un pétard mouillé.

On en parlait il y a quelques jours à propos des futurs médecins accros à l’IA : le vrai danger, ce n’est pas que la machine pense à notre place, c’est qu’on n’apprenne plus à penser du tout. Un bootcamp qui ne fait qu’apprendre à recopier les réponses de ChatGPT, c’est de la poudre aux yeux. Un bootcamp qui apprend à poser les bonnes questions, à vérifier les résultats, à garder son esprit critique, là, on parle business.

Le problème, c’est que les gouvernements adorent les effets d’annonce. Un « AI bootcamp », ça sonne moderne, ça fait dire à un ministre « regardez comme on innove ». Trois semaines plus tard, on se retrouve avec des jeunes qui savent générer un email de motivation avec des emojis, et qui découvrent que les employeurs veulent autre chose que des compétences de gommeux digital.

Attention, je ne suis pas en train de dire que c’est nul. Je dis que c’est un pilote. Et les pilotes, dans la politique jeunesse britannique, on connaît le refrain : on lance un truc, on regarde les chiffres, on l’arrête au bout de six mois si ça ne fait pas des miracles. Espérons que celui-ci sera mieux foutu que les autres.

En attendant, si vous êtes un jeune Britannique sans emploi, ne vous inquiétez pas : vous allez apprendre l’IA. Et si vous ne trouvez toujours pas de boulot, vous pourrez toujours demander à l’IA de vous écrire une lettre de motivation. Au moins, elle sera polie.


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