L’IA, ce copain qui te vide de ton âme

T’as déjà eu cette impression que ton cerveau devient un sous-traitant de ton propre chatbot ? Que ta vie sociale se réduit à des notifications de ChatGPT qui te demande si ça va ? Que la dernière fois que t’as regardé un arbre sans penser à l’optimiser, c’était avant la sortie de GPT-3 ? T’inquiète, t’es pas seul. Sur Hacker News, un dev anonyme vient de balancer un pavé dans la mare : « I guess I kinda get why people hate AI ». Trois points, zéro commentaire, mais putain, ça résonne. Et dans le même temps, The Guardian sort un podcast avec Rebecca Solnit qui déroule le même constat : la Silicon Valley nous vend une vie vidée de connexion, où le monde naturel devient une option en bas de page. La synchronicité est trop parfaite pour être un hasard.

Le gars sur HN, il raconte pas une histoire de biais algorithmiques ou de licenciements massifs. Non, il parle de cette lente érosion du quotidien. L’IA qui prend les décisions à ta place, les agents qui te promettent l’efficacité mais te volent ta capacité à réfléchir, cette sensation que t’es devenu un utilisateur passif dans ta propre existence. « C’est comme si on avait externalisé notre propre conscience », il balance. Et il a raison. On a tellement fêté les assistants qu’on a oublié qu’un assistant, c’est supposé aider, pas remplacer. Sauf que là, le remplacement est subtil, insidieux. Tu délègues tes mails, tes plannings, tes conversations, et un jour tu te réveilles en te demandant ce qui reste de toi quand tu éteins l’écran.

Rebecca Solnit, dans le podcast du Guardian, va plus loin. Elle pointe du doigt la Silicon Valley et son fétichisme de la solution technologique à tout prix. « Decisions outsourced, chatbots for friends, the natural world an afterthought » — c’est pas une dystopie, c’est notre présent. On a construit des outils qui devaient nous libérer du temps, et au final ils nous ont volé notre attention, notre présence, notre lien au réel. Le monde naturel ? Un décor pour tes photos Instagram, quand t’y penses. La connexion humaine ? Remplacée par des bots de compagnie qui simulent l’empathie mieux que ton ex. Et le pire, c’est qu’on a signé pour ça en cliquant sur « J’accepte les conditions » sans les lire.

Mais voilà, la révolte gronde. Pas une révolte bruyante, avec des pancartes et des slogans. Une révolte silencieuse, celle du dev qui se demande à quoi il passe ses journées, de l’utilisateur qui réalise que ses conversations les plus profondes sont avec une IA entraînée sur des petabytes de données volées. Le post HN a fait trois points, mais c’est symptomatique : les gens commencent à saturer. La hype est retombée, et ce qui reste, c’est un goût de vide. L’IA promettait de nous rendre surhumains, elle nous a rendus… moins humains.

Et la solution ? Solnit en parle : « There is a way out – but it’s going to take collective effort. » Traduction : on va pas s’en sortir avec une app de méditation ou un nouveau plugin ChatGPT. Il faut reprendre le contrôle, collectivement. Questionner cette course en avant, réapprendre à faire des choses sans algorithme, réinvestir le monde physique. C’est pas un retour à la bougie, c’est un rééquilibrage. Parce que si on continue comme ça, on va finir avec une génération qui sait prompt-engineering mais plus tenir une conversation sans vérifier ses notes.

Alors, est-ce qu’il faut détester l’IA ? Non. Mais il faut arrêter de l’adorer bêtement. L’IA est un outil, pas une religion. Et comme tout outil, ça peut te libérer ou t’emprisonner. Pour l’instant, on est plus proches de la prison dorée. Le billet sur HN et le podcast du Guardian sont des signaux faibles, mais ils disent la même chose : on a peut-être poussé le bouchon trop loin. Et si on veut éviter de devenir les idiots utiles de la Silicon Valley, faut commencer à débrancher, ne serait-ce que pour se rappeler ce que ça fait d’être vivant.

Quand ton IA te proposera de planifier ta journée, demande-toi : est-ce que c’est vraiment toi qui vis, ou juste ton agenda optimisé ?


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