Trump veut rebaptiser l’IA pour qu’on arrête d’en avoir peur

Hier, on vous racontait que Trump montait une « AI Force » et cherchait un tsar pour surveiller l’IA qu’il jure de ne pas freiner. Ce week-end, il a remis une pièce dans la machine sur Truth Social. Et cette fois, il a sorti l’idée qui tue: rebaptiser l’IA.

Parce que le vrai problème, vous comprenez, c’est le nom. Pas les modèles qui hallucinent, pas les data centers qui siphonnent les nappes, pas les emplois qui partent en fumée dans un serveur. Non. Le mot. « Intelligence artificielle », ça fait froid dans le dos, ça sent le Terminator, ça inquiète le bon peuple. Alors on va lui trouver un petit nom tout doux.

On n’a pas le nouveau nom, hein. La source s’arrête au constat (TechCrunch). Trump trouve qu’il faut rebrander, point. Un nouveau nom ne change rien au produit à l’intérieur, ça se saurait. Mais ça occupe, et ça évite de parler du fond.

Une armée pour une techno qui n’en a pas besoin

L’« AI Force », donc, calquée sur la Space Force (The Verge). Pour ceux qui ont raté l’épisode, la Space Force c’est cette branche de l’armée créée en 2019, essentiellement pour faire plaisir à un président qui aimait les logos. Six ans plus tard, on récidive avec l’IA. Une force dédiée, un tsar à sa tête, promis avec un « QI élevé ». L’obsession du QI, encore. On en parlait la semaine dernière.

Le tsar de l’IA, concrètement, personne ne sait ce qu’il fera. Il coordonnera, probablement. Il placera des gens. Il découpera des rubans. Le vrai pouvoir, lui, reste là où il a toujours été, chez les labos.

Le chiffre qui n’existe nulle part

Trump balance que l’IA pourrait représenter 25% de la production économique américaine (The Decoder). Vingt-cinq pour cent. Un quart du PIB des États-Unis. Pour situer, aucune techno de l’histoire moderne n’a jamais pesé ça à elle seule. Mais peu importe, c’est le genre de chiffre qui claque en meeting et que personne ne vérifiera jamais.

Et pendant qu’on agite le chiffre magique, la consigne reste la même: pas de nouvelle régulation. Surtout pas. L’IA va tout résoudre, il suffit de la laisser faire.

Les data centers? La faute à la gauche

Le meilleur moment arrive quand il évoque les critiques sur les data centers. Ceux qui râlent contre le voisin qui pompe l’eau et fait grimper la facture d’électricité sont, selon lui, des gauchistes. Manifestement, se plaindre qu’une usine à serveurs te crève le réseau local, c’est devenu un marqueur politique. Faut le savoir.

Rappelons quand même que la grogne vient d’un peu partout, y compris de comtés ruraux qui votent rouge depuis des décennies. Mais bon, quand on n’a pas d’argument, on colle une étiquette.

Le vrai message

On peut résumer la séquence simplement. On ne freine pas. On ne régule pas. On habille le tout d’une force militaire de pacotille, et maintenant on lui cherche un nouveau nom. C’est de la com’, pas de la politique industrielle.

Le renommage, d’ailleurs, c’est le geste le plus révélateur de la séquence. Quand ton produit fait peur, tu ne le répares pas, tu changes l’emballage. La lessive qui mousse trop devient « formule concentrée ». L’IA qui te pique ton job, on l’appellera autrement, et on verra bien.

Sauf que le nom sur la boîte n’a jamais empêché personne de se faire licencier.


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