Anthropic a le sens du timing. La boîte qui clamait haut et fort vouloir ralentir la course à l’IA envoie un email à ses investisseurs : votre virement sous 48h, ou la porte. Et pendant que Dario Amodei pond des essais de 20 000 mots sur les risques existentiels, sa boîte lève 50 milliards de dollars à une valorisation de 900 milliards. C’est le dealer qui appelle ses clients pour leur dire qu’ils consomment trop, tout en leur proposant son nouveau catalogue.
Selon nos confrères de TechCrunch, le tour pourrait même dépasser la barre des 900 milliards tellement la demande est dingue. Et ce qui rend l’affaire encore plus savoureuse, c’est que ça ferait passer Anthropic devant OpenAI, valorisée 852 milliards après sa propre levée record début 2025. En un tour de table, la « startup responsable » devient plus grosse que le « prophète messianique » Altman. Le grand écart permanent n’a jamais été aussi bien valorisé.
Évidemment, les premiers investisseurs – ceux qui ont misé en 2024 ou avant – ne remettent pas au pot. Malins, ils préfèrent attendre l’IPO prévue cette année pour encaisser. En clair, ils estiment que la valorisation actuelle est déjà gonflée, et qu’il vaut mieux sortir avant que le château de cartes ne s’effondre. Bien joué.
Anthropic annonce un revenue run rate de 30 milliards, mais les sources de TechCrunch le situent plutôt à 40 milliards. Soit un multiple de 22,5 fois le revenu pour une valorisation à 900 milliards. C’est élevé, mais dans l’IA, les multiples sont en orbite. Le problème, c’est que chaque dollar de revenu coûte probablement deux dollars de compute.
Alors, voici ce qu’on retient : d’abord, le vrai gourou de l’IA, c’est le cash. Ensuite, le safety-washing est un business model qui rapporte. Ça ne rassure pas les investisseurs, ça les attire. Le signal de vertu est devenu un signal de rente.
La vérité, c’est qu’Anthropic a rattrapé OpenAI sur un seul terrain : celui des levées de fonds. Sur le plan technique, leurs modèles sont excellents, mais pas non plus transcendés. Sur le plan éthique, on a vu les révélations sur Project Panama, le piratage massif de données, et les recommandations internes ignorées. La seule différence entre Anthropic et OpenAI, c’est la taille des polices dans les communiqués : les uns écrivent « sécurité » en Times New Roman 12, les autres en Comic Sans 18.
En attendant, le prochain tour est peut-être le dernier avant l’IPO. À 900 milliards, Anthropic pourrait devenir la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire. Une consécration pour une boîte qui a bâti sa marque sur l’idée qu’il fallait freiner. Vraiment ironique. Mais bon, comme disait un sage : « quand t’as 50 milliards à dépenser en GPU, t’as plus le temps de philosopher. »
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