Tu l’as sans doute vu défiler dans ton fil ce matin : « IA supprime 16.000 emplois par mois aux US ». Ou peut-être l’autre titre, plus rassurant : « Seulement 7% des jobs US remplacés d’ici 2035 ». Goldman Sachs d’un côté, des prédictions vagues de l’autre. Ça ressemble à une salade de chiffres servie par des gourous en mal de clics. Derrière ces stats qui s’entrechoquent, y’a une réalité plus nuancée, et surtout, une belle dose de bullshit marketing.
Goldman Sachs balance un chiffre qui fait peur : 16.000 emplois américains évaporés chaque mois à cause de l’IA. TechRepublic ajoute que les jeunes de la Gen Z et les femmes trinquent en premier. Ça sent le drame social, non ? Sauf que Goldman, c’est la même boîte qui, il y a trois ans, prédisait que l’IA allait booster la productivité mondiale de 1,5% par an. Alors, destructrice ou salvatrice ? Ils savent plus trop, mais ça fait parler. Leur méthodo ? Probablement un mélange de données d’emploi, de déploiements d’automatisation, et d’une bonne louche d’extrapolation. Le truc, c’est que « à cause de l’IA » c’est pratique : ça permet de blâmer un bouc émissaire algorithmique pour des licenciements qui auraient pu arriver de toute façon (restructurations, crises sectorielles, ou simplement de la mauvaise gestion).
Par ailleurs, tu as une prédiction plus lointaine : 7% des emplois US disparaîtront d’ici 2035 à cause de l’IA, mais certains rôles seraient « safe ». Ah, les rôles safe ! Comme si l’IA allait frapper à ta porte en disant « Désolé, ton job est sur la liste, mais ton collègue, lui, il a un laissez-passer ». C’est du vent. Personne ne sait vraiment quels jobs seront épargnés, parce que l’IA évolue plus vite que les PowerPoint des RH. Hier, c’était les caissiers ; aujourd’hui, c’est les rédacteurs de contenu ; demain, peut-être les codeurs juniors. La seule constante ? Les annonces alarmistes ou rassurantes, selon l’humeur du jour.
Et puis, parlons de ces 16.000 jobs par mois. Ça fait 192.000 par an. Aux États-Unis, avec un marché du travail de plus de 160 millions de personnes, c’est une goutte d’eau. Même les 7% d’ici 2035, c’est lent, progressif. Le vrai problème, c’est pas le nombre, c’est qui est touché : les jeunes en début de carrière et les femmes, souvent sur des postes précaires ou administratifs. Goldman pointe du doigt l’entrée de gamme, là où l’IA excelle à automatiser les tâches répétitives. C’est pas une révolution, c’est une accélération de tendances existantes. Mais bon, « IA tue l’emploi des jeunes » ça vend mieux que « Le capitalisme continue de broyer les plus vulnérables ».
Du coup, quelle solution ? Paniquer ? Attendre 2035 pour voir ? Non. Si t’es dans un job « à risque », l’IA est pas ton ennemi, c’est juste un outil de plus qui change les règles. Les boîtes qui te promettent la sécurité éternelle mentent. Les études qui te disent le contraire aussi. Le seul conseil sensé : reste agile, apprends à bosser avec ces outils, et méfie-toi des chiffres sortis de nulle part. Parce que demain, Goldman Sachs sortira peut-être une nouvelle étude disant que l’IA crée 20.000 emplois par mois. Et le cycle recommencera.
L’IA est un épouvantail commode pour masquer les vrais problèmes du marché du travail. Et tant qu’on se battra sur des pourcentages, on oubliera de poser la seule question qui compte : comment faire en sorte que cette technologie aide vraiment les gens, au lieu de juste alimenter les rapports des banquiers ?
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