Anthropic, l’éthique en slip et le Pentagone en costard

Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a encore sorti son stylo. Cette fois, c’est pour dénoncer le contrat d’OpenAI avec le Pentagone comme du « safety theater à 80% ». Le mot est lâché dans un mémo interne fuité, rapporté par The Decoder. Pendant ce temps, ses propres modèles Claude se promènent allègrement dans la guerre en Iran, en violation d’une interdiction fédérale, selon TechRepublic. Et le Financial Times nous apprend que Dario négocie en direct avec le sous-secrétaire à la Défense pour un compromis. Dire tout et son contraire, c’est devenu une discipline olympique chez ces mecs.

Commençons par le mémo. Dario balance sur OpenAI, accusant l’administration Trump de punir Anthropic pour un manque de loyauté politique. OpenAI, paniqué, met à jour son contrat en vitesse. Les investisseurs des deux côtés poussent à la dé-escalade, parce que 350 milliards de valorisation, ça se protège. Un groupe industriel majeur, probablement une alliance tech, soutient Anthropic. Et là, c’est savoureux : Dario tente une dernière négociation directe avec le Pentagone, via le sous-secrétaire à la Défense pour la recherche et l’ingénierie. Tu attaques publiquement, tu négocies en privé. Le jeu classique.

Pendant ce temps, Claude, le modèle « éthique » d’Anthropic, se retrouve utilisé dans la guerre en Iran. TechRepublic rapporte que Washington avait ordonné aux agences fédérales de le retirer, mais apparemment, le Pentagone s’en fout. L’interdiction, c’est pour les autres. Anthropic, de son côté, a-t-il vraiment verrouillé l’accès ? Ou bien ils ont fait un clin d’œil en mode « on interdit, mais si tu trouves un backdoor, c’est pas notre faute » ? Le Financial Times souligne que les garde-fous autour de l’usage étatique de l’IA méritent une délibération démocratique plus profonde. Ouais, surtout quand les boîtes qui les vendent jouent aux deux côtés.

La CNA, dans un commentaire, résume bien le bordel : cette bagarre entre Anthropic et le Pentagone, c’est une mauvaise nouvelle pour l’IA « éthique ». Parce que quand le CEO attaque un concurrent pour son manque de sécurité tout en laissant son propre modèle traîner dans une zone de guerre interdite, tu te demandes où est l’éthique. Dans les communiqués de presse, probablement.

Le Financial Times ajoute que Dario est de retour à la table des négociations avec le Pentagone, via le adjoint de Pete Hegseth, pour trouver un compromis sur l’usage militaire. Traduction : les investisseurs flippent, les contrats valent des milliards, et il faut calmer le jeu avant que tout le monde perde sa chemise. Anthropic, qui se présente comme le gardien de la sécurité, est en train de découvrir que dans le monde réel, l’éthique, ça se négocie comme un contrat de sous-traitance.

Au final, cette histoire, c’est du pur Anthropic. Publier des mémo qui critiquent les autres, ignorer ses propres problèmes, négocier dans l’ombre, et pleurer à la politique quand ça arrange. Dario écrit des essais sur les risques existentiels pendant que Claude fait du tourisme militaire. Le safety-washing, c’est un art. Mais quand la réalité te rattrape, même les meilleures narratives ont du plomb dans l’aile. Les investisseurs veulent la paix, le Pentagone veut ses jouets, et Anthropic veut garder son image de gentil. Bonne chance.

L’IA éthique, c’est comme un mirage : plus tu t’en approches, plus il s’éloigne. Et pendant ce temps, les modèles continuent de tourner, les contrats se signent, et les valorisations montent. Le vrai garde-fou, c’est peut-être juste l’argent.


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